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Dans mon travail d’entraîneur de football professionnel et de responsable de la formation, je n’ai jamais su avec certitude, quels processus je devais mettre en œuvre pour éviter les blessures ou tout au moins en réduire les risques. Quantifier avec justesse les charges de travail a toujours était quelque chose de difficile pour moi. Pour combler ce manque, je me suis appuyé fortement sur mon vécu de terrain afin d’harmoniser au mieux mes programmes d’entraînement, avec l’objectif permanent d’amener mes joueurs au meilleur niveau de forme possible. En parallèle, les différentes formations auxquelles j’ai participées au cours  de ma carrière, que cela soit pour obtenir un diplôme afin d’exercer mon métier d’entraîneur professionnel ou pour renforcer mes connaissances, m’ont offert les compétences pour préparer des séances d’entraînement en fonction de ce que je recherchais sur les plans technique et tactique. Cependant, j’avoue que rien ne prouvait que mes choix stratégiques en termes de supports physiques et physiologiques étaient les meilleurs, même si j’avais souvent le sentiment de ne pas trop me tromper.

Au regard de ce constat, je me suis interrogé sur le fait de savoir quels éléments où outils pourraient m’amener à mieux quantifier et organiser les charges d’entraînement de mes semaines de travail.  Est-il possible d’effectuer deux séances fortes ou contrastées dans la même journée ? comment gérer les temps de récupération lorsque deux séances sont rapprochées ? En cas de séance mal réalisée par mon équipe en raison d’un investissement que je juge défaillant, est-il possible de la reprogrammer le lendemain sans qu’il y est des répercussions désastreuses par la suite ?…autant de questions dont je n’avais pas les réponses.

Lors de cette nouvelle formation spécifique proposée par l’académie de Jean-Christophe Hourcade et son équipe, j’ai pu apprendre à utiliser différents appareils de mesure, tels qu’un cardiofréquencemètre ou un GPS. J’ai pu ainsi « passer mon doctorat » en effectuant des micro-prélèvements sanguins sur des joueurs cobayes après des exercices spécifiques de football. La mesure du taux de lactate sanguin m’a permis ainsi de me rendre compte objectivement de l’intensité des efforts fournis par chacun d’eux. A travers les exercices présentés, j’ai pu également me rendre compte que lors d’une séance de vitesse intégrée, les joueurs n’atteignent pas toujours les vitesses de sprints escomptées par le staff, alors qu’à l’oeil nu, je pourrais avoir le sentiment contraire…

J’ai également été initié à l’analyse de paramètres quotidiens et hebdomadaires qui permettent un bon suivi de la capacité de performance d’une équipe, comme par exemple le suivi biométrique, en étant formé spécifiquement à l’utilisation d’une pince Harpenden pour calculer la masse graisseuse des sportifs.

En complément la méthode RPE par exercice, basée sur la perception de l’effort, mais aussi l’observation et l’analyse de certains indices matinaux que j’ai découvert, sont autant d’outils qui renseignent l’entraîneur, en apportant un regard complémentaire à ce qu’il observe et ressent. J’ai eu ainsi la confirmation qu’il est important d’impliquer les joueurs dans le suivi de leur entraînement, afin qu’ils ne soient pas seulement consommateurs de celui-ci, mais qu’ils se l’approprient pour espérer être toujours plus performants.

N’étant pas un spécialiste de la préparation physique, j’ai pu découvrir à travers cette formation tout ce qui pouvait être mis en œuvre pour préparer, quantifier et optimiser mes séances d’entraînement. Etant amené à travailler avec des préparateurs physiques, je suis maintenant en mesure d’échanger avec eux en maîtrisant leur langage spécifique, en comprenant mieux les principaux concepts méthodologiques et outils qu’ils utilisent et qui permettent un suivi optimal de la condition physique d’une équipe de football